Juste y Rufine furent deux sœurs, martyres et saintes nées à Séville respectivement en 268 et 270 et les deux sont mortes en 287. 
Elles vécurent dans le quartier populaire de Triana et se consacrèrent au métier de la poterie. Encore aujourd’hui, après plus de 17 siècles, la localité sévillane est célèbre pour ce tipe d’artisanat typique (si vous voulez, on pourra le visiter ensemble). À cette époque, la ville de Séville était sous domination de l’Empire romain qui idolâtrait différents dieux, rejetant la croyance en un Dieu unique. Des processions païennes étaient traditionnellement célébrées dans la ville, l’une d’entre elles était celle des Adonies en l’honneur de Vénus, où l’on parcourrait les rues en faisant la quête.  
Lorsque les participants à la procession arrivèrent devant l’atelier « trianero » de poterie de Juste et Rufine, ces dernières refusèrent de payer et d’adorer un quelconque dieu païen, en faisant acte de leur foi en un Dieu unique. Au cours de la révolte, l’image de la déesse se brisa sur le sol en mille morceaux. Le préfet de Séville Diogénien ordonna leur détention. Elles durent souffrir divers tourments : Juste ne résista pas et elle en mourra. Rufine fut conduite à l’amphithéâtre de Italica (il existe encore, à 15 km de Séville), mais la bête sauvage au lieu de la dévorer, lui lécha les pieds, comme on peut voir dans une célèbre peinture de Francisco de Goya conservée dans la sacristie mineure de la cathédrale de Séville. Elle fut finalement égorgée et son corps fut brûlé. Les deux sœurs furent par la suite canonisées et aujourd’hui sont les patronnes de notre ville.   
Leur iconographie prévoit des pots en céramique, à symboliser leur métier et la tour de la « Giralda », symbole de notre ville, parce qu’elles au cours des siècles l’ont protégée des nombreux tremblements de terre. En certains cas, on peut noter à leurs pieds les morceaux de la statue de Vénus brisées. Dans notre cathédrale, on peut admirer tous ces « attributs » dans une statue de marbre de la Chapelle Royale, dans le portal de la sacristie majeure et dans la déjà mentionnée peinture de Goya. Elles ont toujours dans la main une palme, symbole universel des martyrs chrétiens.